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Chaudeval ou Froide Vallée ?

24 janvier 2021 - 20:40

Tout fout le camp. Des gens veulent faire du vélo l'hiver, plus que l'été même, il y a de la neige, mais certains prennent le short, on ne sait plus si on va au ski ou se baigner. Bref, 2020 était bien tordu, mais 2021 commence bizarrement aussi j'ai l'impression. Je crois qu'il n'y a finalement plus qu'une seule vérité, profiter de l'instant présent plus que jamais, et faire ce que nous avons envie quand nous en avons envie, et au diable la varice !!!

Ca fait longtemps que vous n'avez pas eu un gros pavé ? Ca fait longtemps que nous ne faisons pas grand chose maintenant, et quand cela est le cas, c'est bien caché et en solitaire. Heureusement, il reste Strava pour faire la commère et regarder ce que les copains ont fait. Quoi qu'il en soit, ce WE de dispo, je l'avais repéré, et m'y étais pris en avance pour envoyer un message à Bénédicte pour le bloquer, et ne pas le louper.

Dans la semaine, elle me dit, prévois un plan B au cas où il fait froid. Les prévisions météo avoisinent les 0° dans la haute vallée du Doux. Un petit message de confirmation vendredi, et tout le monde est OK. Un autre samedi soir, mais oui oui, ça persiste et signe. Le matin, je m'attends à un petit texto d'annulation jusqu'au bout voyant la nature bien blanche. Bénédicte et Thierry sont bien réveillés, puisqu'ils m'envoient un Kudos sur Strava. Un petit retard au lieu de RDV, aïe aïe aïe, vont ils arriver ? Mais oui, finalement. J'aperçois le camion de Thierry, et y entrevoit une nouvelle tête en la personne d'Anthony. Chouette me dis je, une potentielle nouvelle recrue ? Je demande ce qu'ils ont fait des filles, mais elles arrivent sans trop tarder aussi. C'est donc à 5 que nous allons entreprendre cette chevauchée, avec Géraldine comme ultime larone. Vous ne vous souvenez pas ? Si si, c'est celle qui, pour son baptême, a eu droit à traverser la Daronne les pieds dans l'eau en janvier, faire du parcours aventure à franchir les arbres tombés par la neige, et avec qui nous avons fini pratiquement à la nuit tombée, il y a de cela un an déjà. Visiblement, elle ne m'en a pas tenu rigueur. Que nous réserve donc cette nouvelle sortie ? Un conseil, installez vous confortablement, il y a une tonne d'anecdotes croustillantes. Si vous n'avez pas le temps, gardez cet article bien au chaud pour le confinement à venir.

Tout commence de la meilleure des manières. Le soleil est au beau fixe, et réchauffe les quelques degrés. Géraldine a mis les petits pas dans les grands. Ce ne sont hélas plus nous qui allons vers les bars en cette triste période, mais elle a réussi à amener le bar à nous. Le thermos de café est tout chaud dans le joli panier, accompagné du parfait gâteau du sportif plein de choses soit disant. J'ai juste retenu les raisins secs, et peut être une lichette de rhum. Bon, elle a réussi à baptiser le coffre de la voiture avec le reste de café, mais c'est finalement pas grave.

L'antigel en nous, il est temps de se mettre au boulot. Je suis sympa, je leur plante d'entrée une bonne petite côte pour les mettre à température de croisière. C'est ainsi que nous nous élevons au dessus de ce qu'est l'été le plan d'eau de Coucard. Il s'agit d'une retenue pour la baignade à la belle saison, sur la rivière du Doux. Mais le haut Doux, non loin de sa source, celui que nous avons beaucoup moins l'habitude de côtoyer, si ce n'est pour les habitués de l'Ardéchoise. Nous débouchons sur la route du Col de Lalouvesc, ultime difficulté de cette même Ardéchoise. Mais ce n'est pas au programme aujourd'hui, on redescend au pont du Doux.

Je prends une petite variante sortie de ma botte secrète, héritage d'un des parcours du Trail des Sapins passés. Bon, je me plante au début, obligeant une petite remontée, mais nous voici sur le bon sentier, où quelques cailloux donnent déjà du fil à retordre à Géraldine. La petite blague est qu'il faut remonter à la route. Thierry, un peu chat noir des vélos en ce moment, s'en est vu prêté un pendant que le sien est en réparation. Mais le voici à dérailler dans le coup de cul.

Nous voici sur le pont du Doux que nous franchissons, avant de remonter la rivière de l'autre côté sur un sentier frais mais des plus agréables. Ca monte, mais sans trop, il y a quelques petites redescentes, des passages un peu trialisant, de l'eau qui coule par endroit, bref, c'est rigolo, le bonheur quoi. Nous arrivons au hameau de La Chapelle sous Rochepaule. Thierry, déjà en surchauffe, hésite à laisser sa veste sur un banc pour la récupérer au retour. Il l'a garde finalement, mais aurait peut être mieux fait. La Chapelle, c'est bien calme l'été. Mais l'hiver, c'est carrément désertique. Même pas un chat pour nous saluer.

Puisque je suis sympa, je leur réserve une montée débonnaire sur la départementale menant à Saint Pierre sur Doux. Attention, tout le monde en file indienne sur la route pour ne pas gêner les voitures. Non, je déconne, nous en aurons vu en tout et pour tout qu'une seule sur 3 km. On se croirait presque sur une piste cyclable, les vélos en moins. Thierry continue de pester après son vélo de prêt. Pourtant, c'est un dernier cri, avec sa boîte auto, les vitesses passent toutes seules.

Terminus de la route, y'a marqué sortie VTT sur le site, alors on va peut être prendre un peu de chemins. Trop chouette, le verglas et la neige commencent également à faire leur apparition. Je propose à Géraldine de partir en éclaireuse pour voir la profondeur de la rivière à traverser en dessous en attendant les autres.Elle ne me prend pas au sérieux, nous attendons bien sagement les troupes. Nous descendons, et, effectivement, l'eau est peut être un peu profonde. C'est pas qu'on ne veut pas se tremper les pattes, mais avec les 0° ambiants, ce n'est pas la canicule, bien que le short de Thierry pourrait nous donner tord. Nous préférons remonter sur la route pour franchir le beau pont que les ponts et chaussées ont pris soin de construire pour la route.

Nous voici de nouveau sur le sentier qui n'est autre que le GR de St Régis, faisant une boucle entre Lalouvesc et Le Puy en Velay. Bon, nous n'irons peut être pas jusque là, c'est qu'il y a couvre feu maintenant. Il est parallèle à la route, en contrebas, mais beaucoup plus rigolo et agréable. Nous voici presque au village de St Pierre. La vue se dégage et le blanc commence à bien recouvrir la nature. Un petit portage nous attend, mais promis, c'est pour que du bonheur après.Je ne me rappelais plus du tout du chemin pour dire cela, mais j'avais bien raison. La fine pellicule de neige recouvrant le sentier fût d'un bonheur exquis. Quant au panorama, 5 étoiles.

Nous débouchons sur une belle maison secondaire à la terrasse bien ensoleillée. On s'y voyait déjà, mais Anthony avait oublié l'appareil à raclette et le groupe électrogène dans la voiture. Ce sera barre à la banane, à défaut.  Ca aussi je ne m'en souvenais pas trop, mais un bon raidillon nous attend derrière. Avec la neige, les feuilles et le sol collant dessous, plus pas mal de branches en guise d'obstacles, ça chauffe bien le cuissot pour des jambonneaux bien fermes au sommet. Cela tombe bien, c'est le point culminant. Nous flirtons avec les 1000m. Bénédicte m'avait demandé de ne pas dépasser les 800, mais au vu de la beauté du paysage je crois qu'elle ne regrette rien.

Nous voici maintenant à amorcer la descente. C'est tout blanc, on peut faire des dérapages, l'extase quoi. A être là, et puisque tout le monde ne connait pas, nous prenons le temps de faire un peu de tourisme et de pénétrer dans le centre ville de St Pierre sur Doux, bourgade aux quelques 100 habitants (mais en comptant les nombreux hameaux environnant). Point culture, savez vous quelle était le nom du village auparavant ? Saint Pierre des Macchabées. De mémoire, le village a été rebaptisé pour sa connotation morbide. Mais en cherchant un peu, le village a changé plusieurs fois de nom. Macheloup, puis Saint Pierre de Mauchabec, Saint Pierre des Macchabées, et enfin Saint Pierre sous Doux en 1922.

Pour sortir du village, je veux passer par un passage secret en tête, mais j'avais oublié la verticalité des escaliers. Le verglas en +, nous préférons rebrousser chemin. Nous tentons un chemin s'échappant entre les maisons. Faudrait pas se perdre dans un si petit village tout de même, mais tout roule. Bénédicte joue les paparazzi depuis le début, à flasher chaque paysage, plus beaux les uns que les autres. Nous retombons sur la départementale que nous quittons presque aussi tôt. J'annonce, ce tronçon, je ne le connais pas. C'est totale surprise. Le GPS est en route pour  nous éviter quelques allers retours. Tout le monde enfile une couche pour la descente, et Géraldine galère avec sa fermeture éclair. Comme ça, le kway risque de gonfler, et cela va se terminer en deltaplane.

Nous évoluons dans la descente nous ramenant vers le point de départ. C'est un peu raide, mais assez rapide aussi. En bas, j'ai le secret espoir qu'il y ait un pont sur le Doux. J'avoue y avoir pensé ce matin, mais j'ai complet zappé de vérifier sur une carte. Roulement de tambour à l'approche de la rive, et, BINGO !!! Pas de pont. Il est temps d'analyser sérieusement la situation. On cherche un passage pas trop profond, ou pas trop large pour enjamber. Thierry, titillé par les crampes depuis la fin de la montée, est catégorique, il ne veut pas remonter. Pour ma part, je le sens bien. Au pire, c'est pas la première fois que je me mouille les pieds en hiver. Je me lance et traverse à vélo. Ca passe, mais ça mouille un peu quand même. Thierry, chaud bouillant aussi, m'emboite le bas, quand soudain, patatra. Il glisse, regrette les pneus 27,5+. Je me dis, tampis, ses pieds seront mouillés, mais comme moi finalement. Sauf qu'il fait plus que glisser, et s'étale à plat ventre et plonge tel une truite fario. Je me précipite pour essayer de lui tendre la main, sans chercher à trop me mouiller les pattes quand même, pas folle la guêpe.

Et bien voilà, le voici trempé de la tête au pied. Pas bien grave avec son short. Sauf que nous sommes en plein hiver, le mercure est guère au dessus de 0, et l'eau de la rivière est à peu près du même acabit. Les 3 autres comparses, bien échaudés, n'essaient même pas de sauver leurs pieds. Ils marchent franchement dans l'eau, préférant garder le reste du corps sec. Bénédicte vient porter à Thierry une veste. Et nous emboitons tous le pas, tombant une couche pour le mettre au sec. Il vire tout le mouillé, pour repartir sur au moins du sec, bien que moins bien habillé.

Nous ne nous attardons pas et reprenons rapidement la route. Une petite côte de l'autre côté pour atteindre la départementale. J'ai en tête un sentier au dessus pour l'éviter. Thierry tique un peu  en voyant la route bien raide, mais suit tout de même, déraillant deux nouvelles fois. Je trouve mon chemin, et nous descendons vers la départementale, plus bas. Nous la suivons quelques hectomètres jusqu'à La Chapelle. Le package complet prévoyait de remonter sur Rochepaule. Je me doute alors que ce sera pour une prochaine fois. Néanmoins, Géraldine serait presque motivée. Il est possible de faire 2 groupes, nous avons suffisamment de voitures. Mais pour cela, il faut que Bénédicte vienne aussi. Les pieds congelés, elle préfère abdiquer. Nous finirons alors sagement par le chemin du départ, toutefois très agréable et joueur dans ce sens. Nous retrouvons Thierry aux voitures, qui a préféré rentrer par la route.

Que dire !!! Que d'aventures encore. Du froid, de la neige, de superbes paysages hivernaux, une rivière  à traverser, de franches rigolades. On aurait presque prolongé le plaisir finalement. D'autant plus que le couperet du confinement nous pend sérieusement au nez. Bref, ce fut super chouette de voir la banane sur tous les visages à l'issue. L'équipe était finalement bien complémentaire, avec Géraldine aux petits soins avec le petit dej, Bénédicte et ses superbes photos, Anthony avec sa bonne humeur et ses bonnes petites blagues, et Thierry avec ses cascades artistiques. L'espoir secret nait de pouvoir remettre le couvert prochainement, et d'enfin arriver à monter une petite équipe de VTTistes avec des sorties régulièrement. Mais on se retrouve prochainement hein !!! Promis les  copains ?

 

Commentaires

bénédicte colange 24 janvier 2021 21:48

Super compte rendu comme à ton habitude Damien. Je valide et confirme tous les.faits! Superbe sortie aujourd'hui au beau soleil hivernal.