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Blocage sur la route du Gerbier

22 novembre 2018 - 23:12

Nouvelle expédition des Damien & Co dans nos chères montagne. Je vous entend d'ici dire qu'est ce qu'ils nous ont fait ces petits bras ? Bien qu'un peu raide, l'ascension du Mont Gerbier de Jonc reste une promenade de santé, pas de quoi occuper ne serait ce qu'une demi-journée. Mais que nenni. Il existe une autre montagne dénommée Gerbier, plus particulièrement l'arête du Gerbier, et elle se trouve sur les contreforts du Vercors, côté Isère, avec d'un côté la station familiale de Villard de Lans, et, de l'autre, l'imposante vallée glaciaire de Grenoble, qui donne des allures de ville la plus plate de France. Quant aux blocages, il en est en effet bien question en cette période de crise. Point de débat politico-citoyen ici, malgré le malaise ambiant que nous ne pouvons nier. Nous ne rentrerons pas dans le débat du pour ou du contre, ce n'est pas l'endroit, mais vous verrez dans cet article qu'il y en aura beaucoup des blocages, de toute sorte d'ailleurs. Je suis sûr que vous ne les soupçonnez pas, et, pour savoir ce qu'il en est, il faudra aller au bout de cet article qui risque de ne pas manquer de piquant.

Villard de Lans, justement, ce sera notre point de départ pour ce périple dont nous ne connaissons pas encore les nombreux évènements. Le rendez-vous est donné à côté de l'entrée d'autoroute de Tain, Damien, l'autre, sortant de garde. Fort heureusement, malgré le lendemain de cette première journée de blocage des gilets jaunes, la nuit a été calme et reposante pour lui. Quelques courageux sont encore là, au petit matin, sur le grand rond point, avec des barrages de fortune. Les gendarmes les épient, bien au chaud dans leur auto. Nous ne nous éternisons pas, le trafic est libre pour le moment. Quelques kilomètres plus loin, à Bourg de Péage, la mobilisation semble plus importante et organisée. Des brasiers réchauffent les âmes dans la bonne humeur. Ils nous arrêtent, mais par bienveillance, nous annonçant que des manifestants se trouvent au bord de la nationale, et qu'avec le brouillard à couper au couteau, il vaut mieux être vigilant. Nous n'en croiserons pas, éviterons un dernier semblant de barrage, avant la montée sur le Vercors, terrain de jeu du jour.

Le brouillard se dissipe à mi pente pour nous offrir une journée de rêve sous un ciel azur. Très vite, nous apercevons les premières traces blanches au dessus, à à peine 1000m d'altitude. Nous ne pouvons dire qu'il s'agisse d'une surprise, nous avons bien vu qu'il neigeait sur la webcam, la veille. Cela semble compliqué pour notre arête. Une fois à Villard, la neige saupoudre toutes les montagnes autour. Rien de trop méchant, mais neige, associée au froid, et escalade ne font pas bon ménage. Nous montons toutefois au parking des Glovettes, juste au dessus du grand parking de la gare de télécabine. Nous avons un peu anticipé la chose, et avons en tête quelques plans B plus rando.

Une fois garés, le thermomètre annonçant -3 °, la carte dépliée sur le capot de la voiture, nous étudions donc sérieusement la question du programme du jour. Ce qui est sûr, c'est que nous allons faire quelque chose, ce serait dommage de s'en priver vu la météo que nous avons. Nous décidons de prendre la direction de notre objectif initial. Du pied, nous évaluerons les conditions, et 2 autres possibilités de rando s'offrent à nous en plan B. Les chaussures aux pattes, nous rentrons immédiatement dans le vif du sujet avec une montée sèche, qui, combinée à la température, nous fait avoir le souffle court et embué. Cela sera de courte durée, des sentiers relativement plats et agréables s'en suivent, le tout dans un paysage de carte postale entre le mélange de neige fraiche et de givre.

Des guêtres ont été laissées sur le chemin, et leur rigidité témoigne de la rigueur de la température de cette nuit. Nous n'y croyions plus, mais l'hiver arrive bel et bien, tout doucement. Nous passons à proximité de l'abri de la Fauge, précédent la bergerie éponyme dans une agréable prairie encaissée, où le reste du monde semble bien loin. Nous commençons à apercevoir le début de la falaise au loin. L'orange fluo de deux chasseurs en vigie au loin contraste avec le jaune à la mode du moment. La température négative, la présence de neige, un passage en 5a pour grimper sur le faîte de l'arête rendent l'équation compliquée. Ou plutôt très simple en réalité pour Damien qui ne le sent pas trop. Et j'aime autant vous dire que si Damien ne le sent pas, j'allais pas la ramener, malgré une profonde envie intérieure. Nous butons là sur le premier véritable blocage de la journée.

Un nouveau coup d'oeil sur la carte, et la décision est prise de grimper au col Vert en mode rando et d'attaquer l'arête de là bas, qui ne présente plus de pas d'escalade ensuite. Le col Vert commence à devenir un point de passage habituel pour ASN. Nous l'avions franchi il y a 2 ans avec Michel en mode rando à l'assaut du Roc Cornafion qui trône fièrement au loin d'ailleurs. La deuxième fois remonte à l'année dernière, où nous avions fait le Roc Cornafion, mais en mode course d'arête déjà. C'est celle de l'autre côté du col que nous souhaitons titiller cette fois ci. Un souvenir désagréable plane cependant dans les esprits, la montée vers ce foutu col depuis Roybon. Etant plus au Sud, nous espérons un accès différent histoire de changer un peu, nous faisant arriver juste en dessous du col, sur le chemin habituel. Le chemin est tellement agréable jusque là, qu'il ne peut en être autrement. Et patatra !!! Ne voilà t'il pas que nous nous retrouvons nez à nez avec cette cabane de Roybon, qui semble accueillante de prime abord avec son barbecue XXL, mais nous n'avons hélas pas de barbac dans le sac à faire griller. Néanmoins, la viande de nos cuisses risque de bien se tanner avec la rudesse de la pente à venir. Damien a le moral dans les chaussettes, et, pour couronner le tout, la fine couche de neige rend le cheminement bien glissant, et nous patinons un peu. Nous privilégions les passages en sous bois où la neige n'a pas encore pu pénétrer. Mais au delà d'un certain point, plus d'arbres, de la neige sur le sentier, voir de la glace, rendent l'évolution quelque peu scabreuse. Ca souffle, mais nous arrivons au but, et la vue panoramique de l'autre côté sur une grande partie des Alpes du Nord est toujours aussi jouissive, magnifiée par la mer de nuage couvrant Grenoble en dessous.

Nous ne sommes pas seul dans les parages. Tout le monde a souhaité profiter de cette journée, et cela monte de tous les côtés. Un groupe débute l'arête du Cornafion. Un ancien Vertacomicorien nous encourage à nous élancer sur l'arête. C'est donc ce que nous faisons. Les baudriers enfilés, nous voici en route. L'évolution n'est pas bien aisée dans cette neige. Nous atteignons rapidement le fil de l'arête, et la combinaison de neige glissante et de vide ne sont pas pour me rassurer. Pas bien à l'aise, je ne tarderais pas à solliciter l'encordement auprès de Damien qui semble imperturbable. Chaque début de glissade, aussi petite soit elle, amène son lot de suée, et me fera rapidement ôter le bonnet. Des traces nous précédant parte sur le flanc, mais Damien préfère tutoyer au plus près l'arête.

Petit à petit, je finis par trouver une relative aisance dans mes pieds, espaçant de plus en plus la pause de mes mains. Ce qui est plutôt confortable, la neige mouillant bien les mains, malgré le port de gants. Nous apercevons un groupe au loin dans le même sens que nous. Cela est plutôt rassurant.Quelques passages un peu plus escarpé amènent une touche un peu plus ludique, mais rien de trop méchant pour l'instant. Nous sommes plutôt sur de la randonnée, vertigineuse toutefois. Un couple de chamois prend la poudre d'escampette dans la pente, pas du tout perturbé par l'inclinaison, ni même la neige. Un peu plus loin, un autre cervidé semble imperturbable pour l'instant du haut de son rocher. Nous nous en approchons doucement mais sûrement, pas toujours en ligne de mire, quelques parois rocheuses nous séparant. Au détour de l'une d'elle, la bestiole qui n'est autre qu'un mouflon, ou plutôt une mouflonne, s'est maintenant dressée sur ses pattes, commençant certainement à ressentir le dérangement de notre approche. Très rapidement, une petite silhouette que nous n'avions pas vu se dresse également à côté. Il s'agit de son petit au pelage encore duveteux. Ils restent cependant plutôt immobiles pour l'instant, nous épiant. Alors que nous approchons du pied de leur rocher, le deuxième blocage de la journée pointe le bout de son nez. Où plutôt le bout de ses cornes. Et quelles cornes !!! L'imposant mâle se dresse fièrement. Nous les dérangeons certainement à l'heure de l'apéro. Point de gilets jaunes sur leur dos, mais nous n'avons cependant pas envie de leur frotter le dos. Leur aisance dans ce milieu hostile pour nous combinée à leur puissance  ne nous laisserait que de minces chances en cas de confrontation.

Le mâle ne semble pas vouloir jouer la provocation. Il se dirige tranquillement vers sa petite famille, en compagnie d'une deuxième mouflonne. Un instant rare de privilège s'opère alors. Les quatre animaux nous servent d'escorte sur l'arête un long moment. Leur grâce dans ce milieu vertigineux est déconcertante. L'usage de nos mains devient plus prégnant sur quelques courts passages d'escalade. Damien en profite pour  immortaliser autant que possible l'instant.  Pour ma part, autant dire que je laisse le téléphone bien au chaud où il est. Je compte donc sur  ces clichés. Et comme toute les bonnes choses ont une fin, les voici obliquant sur le versant Ouest, le plus vertigineux des deux, où le dérapage est prescrit sous peine de faire une dégringolade de plusieurs centaines  de mètres. Nous comprendrons rapidement le pourquoi du comment en voyant un groupe  en approche à contresens. Pris en étau, les quatre mammifères ont préféré prendre la fuite pour le confort de l'Homme.

Un petit salut de circonstance et nous poursuivons notre escapade. Nous croisons un peu plus loin à nouveau deux gars qui semblent monter du versant Ouest en mode rando également. Un brin de causette, un coup d'oeil sur l’horloge qui tourne, la neige au loin semblant de plus en plus épaisse, la question se pose de la suite à donner. Damien est partisan de chercher une issue plus rapide que l'extrémité opposée de l'arête. Je suis plutôt d'accord avec ce scénario. Nous approchons de la double brèche  où une échappatoire semble se dessiner. Un début de sente part plein Est, ce qui nous imposera de faire le tour par le col Vert à nouveau ou bien par le Pas de l'Oeil. La descente se profilant tout à l'ombre, les 14h approchant, je propose à Damien de casser la croute histoire de profiter de la chaleur réconfortante du soleil. Nous descendons pratiquement jusqu'au passage de la double brèche assez difficilement sur un passage assez raide, glissant, et sans réelles prises. Nous nous mouillerons franchement les mains ce coup ci, glaçant le bout des doigts, malgré le port de gants. Nous les étendrons sur un rocher chauffé par Hélios durant la pause du repas. Je suis toutefois bien content d'avoir une autre paire plus grosse dans le sac.

Deux bonhommes nous dépassent durant ce temps en mode rando automnale. Voisins du Vercors du haut de leur Chartreuse, ils se sont fait avoir par la présence de neige, n'aillant absolument rien eu de leur côté malgré une altitude équivalente. Ils sont en simples baskets, et étaient venus pour l'arête également. Après un coup d'oeil sur la carte, il privilégie la descente Est, du bon côté de la voiture, et ne présentant à priori pas de falaises. Damien les guette perché sur un caillou. Il les voit sortir la corde pour un rappel, et restera sur son idée initiale de descendre versant Ouest.

Le repas avalé, nous attaquons la descente. Le début est très raide, sans trop de neige, mais avec des passages de desescalade avec la moitié des cailloux qui ne sont pas du tout ancrés. On évolue  sur des oeufs, et ce 'est pas confortable. Ces pas sont entrecoupés de pentes au sol fuyant avec son espèce de gravette. J'avance pas bien vite. Rapidement, nous butons sur un palier plus imposant où la desescalade ne semble plus envisageable. Il va falloir se résigner à poser un rappel, malgré que nous n'aillons pas forcément la corde adaptée. Damien commence à s'inquiéter, voir s'agacer comme je l'ai rarement vu. Il cherche le meilleur endroit où fixer sa corde, et espère que la suite sera plus hospitalière. Il s'équipe rapidement et part en premier dans la descente. Petit problème, je ne me souviens plus trop de la manipulation à faire pour s'équiper en rappel. Je regarde en tentant de mémoriser au mieux ce qu'il a fait, il me donne l'ordre des choses à la volée, mais je sens qu'il ne faut pas trop  épiloguer. Au dessus de nous, la famille de mouflons est de nouveau de la partie pour nous regarder, certainement avec amusement. Nous sommes dans une espèce de gorge encaissée. J'espère alors qu'il ne va pas leur prendre l'idée de jouer à saute mouflons dans la caillasse, au risque de nous en faire débouler sur la caboche, où la finesse de nos  casques ne sera que  maigre protection. Pas sûr de moi au moment de faire ma manipulation, je demande une dernière confirmation à Damien. Impatient, je ne m'attarderais pas et  me ferai un peu confiance. La corde ne coulisse pas trop au début, voir pas du tout. Mieux vaut cela que l'inverse me direz vous. Mais il faut pourtant décamper. Je force un peu et la corde se débloque.

En bas, les nouvelles ne sont pas réjouissantes. Il va falloir poser à nouveau un rappel. Damien cherche désespérément un point d'ancrage pour se fixer. Il n'arrive pas à voir ce qui nous attend par la suite. Il trouve enfin le seul point possible, et se lance expresso dans la deuxième longueur de rappel. L'heure tourne, et le soleil étant sur le versant opposé donne une impression de pénombre approchante. Je m'équipe à mon tour en faisant un tour de moins du ficellou pour mieux glisser sur la corde, et voilà qui est mieux cette fois ci. Durant la descente je sens mon gant glisser de ma veste. Je les avais mis dedans avec mon bonnet, n'ayant aucune sensation de préhension lors de mes contacts avec le rocher. Fort heureusement, il s'arrête dans le fond de la gorge, et je pourrais aisément le récupérer à mon passage. En dessous, les nouvelles ont l'air de mal en pire. Damien commence vraiment à ne pas aimer la tournure de la situation. Cette fois ci, nous butons réellement sur une falaise, et nous ne savons pas la hauteur. La grosse inconnue est de savoir si la longueur de notre corde de 70 m sera suffisante ? Tout en sachant que nous sommes obligés de la diviser en deux, histoire de la faire passer de chaque côté de la sangle à laquelle nous sommes arrimées. Nous n'avons alors que 35 mètres de descente possible d'un seul tenant. Pour couronner le tout, il n'y a pas de véritable possibilité d'arrimage. Un léger rebord derrière un bout de rocher sera notre seule possibilité. Damien part en éclaireur pour essayer de voir si la corde sera suffisante. Sinon, il faudra envisager de remonter tout ce que nous venons de descendre, sans compter la recherche de nouvelle issue, et le temps qui nous est compté. 

Avant de partir, Damien m'indique de bien être vigilant à ce que la sangle soit bien plaquée sur le fond du rebord derrière le rocher. Si elle venait à se déloger, c'est un aller express sans retour vers le fond. Voilà de quoi me faire encore mieux monter la pression déjà bien présente. Autant dire que je n'oublierais pas de vérifier à deux fois cette foutue sangle et ne m'agiterais pas trop au bout de la corde, de peur de chuter. Plus bas, il y a un indice implacable quant à l'évolution positive de la situation. Damien a ressorti son appareil photo. Je crois que nous arrivons au bout du tunnel. Je serais quand même plus rassuré lorsque j'aurais vraiment atteint le plancher des vaches. Une dernière petite longueur de rappel reste toutefois à poser. Nous ne sommes pas encore sortis complètement de l'auberge. Damien s'affaire à installer la corde. Je le rejoins et me vache sur l'ancrage qui est cette fois ci existant. Fort heureusement, nous avons déjà laissé 3 sangles dans la montagne. Damien arrivé en bas, je me sens emporté par le bas au relâchement de la corde. Je m'aperçois alors que je suis vaché sur la corde et pas la sangle. Je m'empresse alors de rectifier le tir avant de m'installer pour le dernier rappel.

Plus bas, un chamois gambade dans le pierrier. Il est temps maintenant de ranger tout le matériel dont nous ne devrions plus avoir besoin. Le sentier est visible quelques centaines de mètres plus bas. Un pierrier aux cailloux roulant sous nos pieds qui ont tendance à s'enfoncer. Voilà qui est plutôt agréable après ce que nous venons de vivre. C'est comme la sensation d'évoluer dans de la poudreuse en raquettes. Ca glisse juste ce qu'il faut pour nous porter dans la descente, et juste assez moelleux pour ne pas se faire emporter par la pente. Quelques cailloux incongrus se glisseront toutefois dans les souliers.

Une fois sur le sentier, il est 16h30 passé. Nous évaluons à 2h de marche pour retrouver la voiture. Autant dire que la fin de la plaisanterie va se finir de nuit. Heureusement, nous commençons à être habitués à nos sempiternels imprévus; les frontales sont dans le sac. Un petit texto pour rassurer les proches, et nous prenons rapidement la route. Le sentier en balcon au dessus de la vallée de Grenoble est des plus agréable. Encore plus après ce que nous venons de vivre. Les montagnes au fond se parent de leur habit orangée de fin de journée. Un autre chamois s'échappe au galop en contrebas. L'instant est délicieux. Non seulement nous apprécions encore plus après un moment de galère, mais la combinaison des couleurs, de la température, du panorama nous rendent privilégié, en parfaite osmose avec l'environnement. C'est magique, intemporel, calme, empreint de plénitude. Un rare moment de grâce dans un quotidien la tête dans le guidon.

Un petit espoir d'arriver au col avant que le soleil n'est basculé derrière l'horizon nous motive pour presser le pas. Mais c'est cause perdue, il nous reste que trop peu de temps. Subsiste l'espoir d'arriver là haut avant la pénombre totale. Les lumières de l'urbanisation grenobloise s'illuminent au fond. Un nouvel  atout dans  cet écrin paradisiaque que seule la montagne sait offrir. Les derniers hectomètres sont raides et tirent dans  les jambes dans  un journée  déjà  bien longue. Nous arrivons toutefois au sommet alors que la lumière rosée est encore présente pour quelques  minutes, pour notre plus grand bonheur.

Nous attaquons la descente  en sens inverse du  matin. La neige a bien fondu, mais il en reste encore suffisamment pour bien glisser par moment. A l'approche de la forêt, l'obscurité rend la visibilité du sentier et de ses obstacles difficile. Il est temps de sortir les frontales. A mi-chien mi-loup, il est toutefois difficile  de bien  voir. Cela promet des glissades et gamelles à tire larigot. Nous repassons devant le refuge de Roybon où nous pourrions presque envisager une étape  au vu de l'heure. Mais nous poursuivons notre marche. Heureusement, la lune est bien présente, et le ciel bien dégagé. La mémoire est bien utile et permet un peu de repère dans des passages hasardeux. Les guêtres ne sont plus  au bord du chemin, et les premières lueurs du parking font leur apparition.

Tant pis pour l'horaire, une lumière s'échappant du  seul bistrot ouvert du quartier nous fera sauter dessus pour une bonne bière réconfortante. Nous sommes les seuls  clients à certainement plusieurs kilomètres à la ronde, et la présence de ce bistrot ouvert relève pratiquement du  miracle en ce dimanche soir de milieu de novembre. Certainement l'une des meilleures bières qu'il m'est été donné de boire. Nous ne nous attardons pas, et prenons la route. Il reste encore 2h de voiture et la fatigue se fait sentir. De nouveaux blocages, bien par les gilets jaunes cette fois ci, nous rallongerons la durée du trajet. Nous passerons cette fois ci un bon moment autour du rond point de l'entrée d'autoroute de Tain à faire un tour de manège. Mais nous ne leur en tiendrons pas rigueur. Nous nous séparerons au même endroit que les retrouvailles du matin pour un repos bien mérité.

Des blocages de tout ordre, ça oui, nous en aurons eu tout au long de cette journée. Manifestants, barrière naturelle, mouflons, blocage psychologique. Je crois que nous les aurons pratiquement tous subit à un moment ou à un autre. Mais, que la montagne est belle, et elle l'est encore plus quand elle nous donne du fil à retordre. De grands moments qui resteront certainement dans les mémoires. Il ne faut pas oublier qu'un matériel adapté et des compétences pour faire face à tout imprévu sont la base et le strict minimum pour que la comédie ne vire pas au drame. Merci à mon guide d'avoir su faire face tout au long de cette journée

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