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Qui vivra... Veyrand la roche

22 août 2018 - 22:37

Pas de trêve à Ardèche Sports Nature comme en témoignent les nombreux articles de l'été. En ce mercredi 8 août, alors que la canicule bat son plein cet été, Damien nous propose de prendre de la hauteur avec la via ferata de la Roche Veyrand, histoire de prendre une bouffée d'air. Dans l'équipe, nous comptons les habituées Catherine et  Perrine, et les 2 Damien pour compléter. Rendez vous est pris à Saint Félicien pour un départ pas trop matinal, c'est tout de même les vacances (enfin pour certains).

Cap sur le massif de la Chartreuse que nous visitons pour la deuxième fois, mais en mode été cette fois ci après la balade en raquettes de cet hiver. Attention de pas se tromper de Saint Pierre, nous allons bien à Saint Pierre d'Entremonts, à ne pas confondre avec le Saint Pierre de Chartreuse de cet hiver. Et pour faire simple, il ne faut pas se tromper de rive, car il n'y a pas un mais deux Saint Pierre d'Entremonts, l'un en Isère, l'autre en Savoie. C'est sur le savoyard que nous allons jeter notre dévolu. Après de longues heures de route avec des averses, déviation et trafic chargé, nous voici arrivé sur la place du marché achalandé d'un stand de fruits et légumes. Après toute cette route, un petit creux se fait ressentir, que nous rassasierons à la boulangerie du village.

L'objectif du jour est bien en vue. Roche Veyrand culmine du haut de ces 1429m, quelques 800m de dénivelés au dessus de notre tête. Par les chemins de randonnée, le sommet est annoncé en à peine 3 km, ce qui est relativement peu avec un tel dénivelé. Mais nous ne nous en rendons pas encore vraiment compte. Une fois les souliers chaussés, nous voici en route. Nous traversons le Cozon, et prenons rapidement un sentier qui annonce la couleur, afin d'éviter les épingles du quartier résidentiel. Cela sera de courte durée, nous nous retrouvons rapidement en pleine nature. Le thermomètre est déjà au zénith en cette fin de matinée. Perrine traine un peu la patte, à la recherche d'encouragements pour avancer. Au bout d'une quarantaine de minutes, nous voici au pied de la via, en pleine forêt. 4 filles sont dans le sens inverse. Elles ont du rebrousser chemin, trop impressionnées par l'itinéraire. Mais que nous attend il ?

Une fois équipés, nous voici en route sur les barreaux. Catherine s'étonne rapidement du nombre de barreaux nous facilitant la tâche. Nous prenons rapidement de l'altitude. Une traversée horizontale s'en suit tout de suite plus impressionnante, demandant une recherche de prise dans la roche. L'équipement se fait ici plus discret. Mais pas de quoi impressionner la cordée du jour qui s'émerveille du paysage vertigineux et enchanteur. La traversée est de courte durée, et nous retrouvons un itinéraire s’apparentant plus à de la randonnée qu'à une via par endroit. Nous arrivons à un embranchement. Nous pensons alors que nous passons sur la deuxième partie cotée Très Difficile.

En effet, un mur vertical nécessitant de tirer sur les bras met tout de suite dans le bain. De l'autre côté, un cheminement ressemblant à nouveau à de la randonnée. Quelques ressauts rocheux apportent une petite touche de piment, mais rien de bien méchant. La passerelle suspendue apporte un passage ludique. Au dessus de nous, nous apercevons nos prédécesseurs dans une traversée nettement plus vertigineuse, avec des passages dans ce qui pourrait s’apparenter à des cavités. Un dernier ressaut suréquipé en barreau nous fait sortir de cette partie un peu ennuyeuse techniquement. Heureusement, le paysage en vaut bien la chandelle.

C'est alors que nous nous rendons compte que nous n'avons pas encore amorcer la deuxième partie. Il est midi largement passé, la décision est prise de remplir l'estomac avant de passer au plat de résistance. Perrine annonce la couleur quand à son envie de poursuivre. L'urgence du moment est de savoir le goût de nos sandwichs. Une fois le tout avalé, la principale question de la journée devient inévitable. Poursuivons nous l'ascension ? Point de doute pour nous les Damien, mais Perrine montre des signes de réticence. Damien la convainc, et l'idée d'ouvrir la marche semble motiver la jeune adolescente.

Tout de suite, un pont suspendue en pente est à franchir. Les cuisses se chauffent rapidement, et cela ne s'inversera pas avec le mur qui s'en suit. Rien de trop méchant pour l'instant. Ce mur débouche dans la fameuse cavité que nous admirions plus tôt. Un coup d'oeil dans le rétroviseur, et les cumulus pointent le bout de leur nez à l'horizon. Avec Damien, nous partageons l'avis qu'il ne faut peut être pas trop s'attarder. Du moins, il vaut mieux en finir avec la via avant que l'orage gronde s'il doit nous tomber dessus. Nous enchainons donc l'itinéraire avec une successions de passages de toute beauté entre vires rocheuses sous la falaise dessinant un sentier dans la verticalité, et petits pas d'escalade où il faut rechercher ses prises. De belles poignées se font appréhendées par moment, mais à d'autres, il faut vraiment rechercher la finesse de la roche. L'option cramponage au câble reste possible.

Je lève les yeux et aperçoit au loin que la suite s'annonce un peu plu sportive. Un clin d'oeil à Damien, mais je ne communique pas trop dessus, histoire de ne pas décourager les troupes. Nous voici au pied du mur, si l'on puis dire. Nous sommes au 2/3 de l'ascension, mais au début de la partie physique. Perrine râle pour le principe, mais s’attèle rapidement et sans soucis aux premières longueurs. Quelques barres lisses et en dénivelé comme nous ne les aimons pas trop sont à franchir, mais elles sont plutôt facile. L’appréhension du vide  et de la difficulté est à son paroxysme,  mais nous ne manquons pas d'admirer l'époustouflante vue, où les Saint Pierre paraissent bien petit tout  en bas et en parfaite communion, rebutant au mystère la multiplication des codes postaux.

Une faille assez évidente est à grimper, avant un surplomb horizontal à franchir, et, surtout, un ressaut en dénivelé négatif à franchir. Aïe Aïe Aïe les bras. Perrine est toujours en tête. Damien est préoccupé à se gratter les cheveux sur sa boulette  du jour, l'oubli de la carte SD de son appareil photo et les nombreuses photos prises ce jour parties aux oubliettes. Il prend le relais avec son téléphone, le fada, il n'a pas peur de commettre l'irréparable et de laisser s'envoler le mobile. Perrine peine à franchir le ressaut, les bras fatiguant. Damien me souffle de rester proche pour parer à toute éventualité, mais je ne suis pas sûr d'être d'une grande utilité, moi même pas très confiant. Les sacs pendent dans le vide comme pour nous montrer que la gravité n'est pas une légende. Après quelques longues secondes de lutte, Perrine franchit le ressaut. Je m'y attèle à mon tour sans plus de confiance. Ca tire sur les bras, mais ça passe. Catherine lutte derrière à son tour, les bras flageolant. Perrine s'envole vers la sortie devant. Damien fait mumuse avec son téléphone, comme si de rien n'était.

Tout le monde franchit le passage un peu chaud, avant de déboucher à la sortie de la via, non sans quelques gouttes de sueur. La croix sommitale est encore à 15 min de montée à pied. Nous décidons d'y aller, histoire de dire, nous l'avons fait. Perrine préfère la jouer cool et surveiller les sacs (c'est en fait un stratagème pour piquer un roupillon). La montée finale est vraiment très raide et tire bien sur les cuisses. Le sentier d'accès est très sauvage et me donne des envies d'évasions hivernales dans ce  dédale secret. Nous arrivons assez rapidement au sommet. Rien de  révolutionnaire par rapport à la vue sur la via, mais nous admirons tout de même le paysage fort esthétique. Une fenêtre s'ouvre de l'autre côté dans l'épaisse végétation donnant une nouvelle  perspective.

Damien s'évade vers la fameuse croix qui est en contrebas. Il fait rapidement l'aller/retour, il faut envisager la descente. Nous retrouvons prestement Perrine dont le réveil n'a pas encore sonné. Nous poursuivons la descente, et très vite la forte pente s'accompagne de passages rocheux et les mains courantes sont les bienvenues. Mes rêves de balade hivernale s'estompe sur ce passage beaucoup trop dangereux sur neige. Perrine a quelques difficultés avec un genou douloureux. Le sentier n'est pas toujours évident. Je m'égare quelque peu, jusqu'au moment où je me dis que le passage est trop  dangereux pour être un simple sentier de randonnée. En effet, je suis hors piste.

Nous reprenons la bonne sente, et les mains courantes et passages rocheux se succèdent. J'attends les compères dans une épingle. Les allemands qui étaient derrière nous me passe devant. Damien débouche après quelques minutes. Il était remonté vérifier que tout allait bien. Je lui propose alors que nous tracions devant, nous monterons la voiture au maximum pour éviter aux filles de devoir descendre jusqu'en bas. Il valide  la proposition. Nous attaquons alors la descente en mode cabris. Nous arriverons assez rapidement au bout. Et puisqu'il n'est pas possible de passer incognito, Damien tombe sur un collègue de boulot en vacances dans le secteur.

Nous prenons le temps d'enlever les godiots avant d'essayer de trouver la bonne route pour s'approcher des filles. Après quelques tentatives infructueuses, nous arrivons enfin sur la plateforme que nous projetions de rejoindre. Je pars à la rencontre des filles après avoir  entendu des appels dans la montagne. Ne sachant pas si c'étaient elles, je repars pour une montée. Je les retrouverais quelques centaines de mètres plus loin, au même moment où Damien avait Catherine en ligne. Nous redescendons à la voiture, et ne tardons pas à reprendre la route, une réunion m'imposant à être de retour à 20h. Nous avions émis l'hypothèse d'aller se balader dans le cirque de Saint Même voisin, mais cela n'était en réalité pas du tout jouable niveau timing. Nous tentons un autre itinéraire, mais nous nous égarons dans la banlieue de Voreppe. J'aurais finalement un petit 1/4 d'h de retard, mais on peut dire que je suis dans les temps,.

Très belle journée ensoleillée dans ce nouveau superbe  site. L'orage n'aura finalement pas claqué au dessus de nos tête, ce qui est un vrai soulagement au vue de la descente qu'il ne faut pas négliger. Malgré quelques passages ennuyeux, cette via est vraiment très agréable, alliant passage très équipés, et recherche de prises à d'autres moments. Le passage sur les vires creusées dans la roche amènent sans conteste un cachet certain. Une nouvelle belle découverte dans ce massif très sauvage, invitant à de nouvelles expéditions, malgré la distance nous en séparant. Nous en reparlerons très certainement à nouveau.

 

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