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Une journée en enfer

25 juin 2018 - 21:56

Nouvelle sortie dans le cadre de notre association et plus particulièrement avec la section CAF. Le projet initial était de se faire l'arête du Gerbier dans le Vercors, à ne pas confondre avec notre sommet homonyme ardéchois plus accessible. Mais une météo décidément compliquée en ce printemps nous aura fait repousser la sortie, ne souhaitant pas nous retrouver dans la purée de pois dans un environnement où la vue mérite le détour. C'est donc sur le Gouffre d'Enfer que nous allons nous rabattre, à quelques encablures de Saint Etienne.

Point de levé aux aurores, nous nous donnons rendez-vous en début d'après-midi pour une sortie à la 1/2 journée. Le café avalé, nous prenons la route vers ce site que nous visitons pour la deuxième fois. Faut dire que les aménagements y sont tellement plaisants qu'il faut plusieurs journées pour en faire le tour. L'objectif est de faire le deuxième parcours montagne, un peu plus engagé que celui exploré lors de notre précédente visite. Un parcours montagne est un parcours à réaliser en cordée, sur les mêmes techniques que l'alpinisme. Ce n'est pas de la haute montagne à proximité de Saint Etienne, mais le site offre de belles perspectives pour pratiquer en attendant d'aller titiller les 3000m.

Une fois sur place, la première difficulté sera de trouver le point de départ. Nous avons un vague souvenir comme quoi ce parcours existe, mais nous ne savons pas où précisément. Nous partons en direction de la cascade, mais pas d'indications sur les différents parcours. Nous demandons à une dame, mais elle ne sait pas plus que nous. Nous revenons sur le parking, et prenons la route d'accès vers le barrage qui se trouve en amont. Dans l'ascension, nous interrogeons une guide en pleine visite, mais elle ne sait pas plus. Nous arrivons à capter un peu de 3G pour glaner quelques infos. D'après un plan sommaire, le parcours semble se situer  de l'autre côté, en montant après la cascade, entre les 2 via ferata. Nous atteignons la sortie de la via enfants, mais toujours pas d'indications. Nous prenons un semblant de sentier jalonné de points de peinture blancs. Le cheminement est parfois scabreux, il faut bien faire attention où nous mettons le pied. La rudesse de la pente nous donne un coup de chaud malgré la couverture nuageuse. Au bout de longues minutes de montée, nous tombons enfin sur un panneau indiquant le point de départ. Nous supposons que le peu d'informations évite à n'importe qui de s'y aventurer sans en connaître les techniques d'évolution.

Damien me propose de partir en premier de cordée. Nous doublons la corde avant de s'élancer pour plus de sécurité. Pas forcément très rassuré à l'idée d'évoluer en tête, je buterais rapidement sur des pas me faisant hésiter. La mise dans le bain est tout de suite technique et demande à bien trouver ses prises et ne pas trop craindre le vide déjà bien vertigineux. Après quelques minutes de tension, je trouve un semblant de solution et décide de m'élancer. Petit à petit, je prends mes marques et me trouve de plus en plus à l'aise avec le rocher. Des relais intermédiaires jalonnent le parcours. Je propose à Damien de partir en tête, mais il semble se trouver pas mal en second. Où est ce son côté vicieux pour mieux me voir galérer ?

Mais plus ça va, mieux ça va. J'enchaine les passages sans trop de difficultés. Nous arrivons sur un tronçon équipé de barres comme en via ferata, avec un bon dévers négatif de plusieurs dizaines de mètres de vides sous les pieds. Le passage ne m'inspire pas bien confiance. Je ne réfléchis pas trop et m'y engage rapidement. Finalement, cela passe sans trop de soucis, ne laissant même pas le temps à Damien de dégainer son appareil photos.

Nous approchons déjà de la fin de l'itinéraire qui se sera avéré beaucoup plus rapide qu'indiqué. Sur la fin, la cerise sur le gâteau se trouve être la spectaculaire vue sur le barrage que nous dominons nettement maintenant. Nous sommes au dessus de tous les équipements, qu'ils soient parcours montagne, via ferata ou voies d'escalade.A la sortie, un panneau donne l'itinéraire à suivre pour rallier le point de départ. Une jolie balade sur un sentier par moment un peu alpin nous rapatrie au parking. Juste avant, nous retrouvons la guide clôturant sa visite avec ces deux clients du jour. Nous lui indiquons que nous avons bien trouver ce que nous recherchions, et s'intéresse un peu plus sur le type d'itinéraire dont il s'agit. Cela ne va pas pour les rassurer, surtout après avoir été témoin d'un télescopage sur la tyrolienne de la via entre un père et sa fille. Les secours sont sur les lieux, mais cela ne semble pas trop méchant.

Pour finir l'après-midi, nous décidons de se faire une petite voie d'escalade. La cotation est plutôt facile pour Damien, mais cela sera sur le papier. Elle le fera bien batailler un moment, lui écorchant le bout des doigts. Pour ma part, je ne m'y risquerais pas en tête, et je prendrais même une variante histoire de me faciliter la tâche. L'après-midi est désormais bien avancée, il est temps de lever le camp. Nous rentrons à la voiture et prenons la route de la maison, en faisant un petit crochet par une chambre d'hôte secrète histoire de parler VTT avec un journaliste hollandais et de prendre un petit apéro dans un cadre de rêve. Vous êtes perdus ? C'est normal.

Le Gouffre d'Enfer est plutôt un coin de paradis pour la pratique des sports nature. Sports de corde, vélo, randonnée, il existe mille possibilités, toutes plus sympas les unes que les autres. Il serait dommage de se freiner à la seule réputation grisâtre de la ville des verts. La campagne environnante offre une multitude de pépites à découvrir. Nous aurons certainement l'occasion de vous reparler de ces environs très prochainement.

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