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Mais où est passé Cayrebelou ?

1 mai 2018 - 21:45

Nous nous sommes quittés la semaine dernière après une truculente journée de grimpe dans un site qui ne manque pas d'intérêt non plus, les Calanques de Marseille. Nous vous avions promis en conclusion une nouvelle journée riche en rebondissements, là voici qui ne se fait point tarder. La section CAF était parti 2 jours sur les routes pour vous rapporter des images de notre belle et douce France. Au menu, le site de Cayrebelou repéré sur Internet, mais sans trop d'éléments précis, où parait il, se trouve une falaise à titiller.

Après une nuit salvatrice et un petit déjeuner copieux dans notre logement chez l'habitant, cap sur le Sud Ardèche, dans le site enchanteur des Gorges de l'Ardèche. Nous prenons la direction du Garn, dans le département du Gard, les derniers km en rive Sud de la rivière se trouvant dans ce département occitan. Après une petite heure de routes sinueuses, nous voici à l'entrée de ce village tout en pierre et ma fois fort sympathique. Il faut faire le crochet de la départementale pour le découvrir, et il serait dommageable de s'en priver. Panneaux familiers, l'Ardéchoise fait également une incursion dans ce charmant bourg. De là, nous sortons notre bout de papier censé nous conduire à ce qui devrait être notre jardin d'eden du jour. Nous empruntons donc la piste DFCI K23 (Défence des Forêts Contre les Incendies) comme indiqué. Après plusieurs km dans la garrigue, nous arrivons à un carrefour de pistes DFCI. Hélas, point de piste K3 comme nous devrions trouver. Nous partons à gauche comme le propose le topo. Après quelques km, au niveau du carrefour de chemins de randonnée Termes Rouge, nous avons un sérieux doute sur l'intérêt de continuer. D'après le descriptif du topo et un regard sur la carte, il est inutile d'aller plus loin. Nous rebroussons même chemin quelques hectomètres plus tôt pour se garer, au niveau du point 385m.

Nous prenons le chemin forestier perpendiculaire à la piste. Il s'enfonce dans la garrigue. Au niveau d'un virage plein ouest, comme l'indique le topo, un chemin s'enfonce en direction des gorges. Le début a été récemment déforesté. Alors que nous arrivons à la fin des travaux, en farfouillant à l'orée du bois, nous apercevons un semblant de sentier, qui sera jalonné de points rouges. Cela est plutôt bon signe, les indications du topo colle. Le sentier descend assez raide, toujours en direction des gorges. Puis les points rouges s'estompent au niveau d'une fissure rocheuse. De là par sur la gauche une ligne de falaises. Nous pensons être au bon endroit. La prochaine difficulté étant de trouver la voie, une seule étant équipée, donc pas facile de voir les anneaux dans le rocher.

Nous essayons de nous frayer un chemin dans ce bois assez touffu où seules les chèvres semblent en être les riveraines. Nous auscultons minutieusement la falaise à la recherche du moindre point d'assurage. Après quelques hectomètres, nous consultons la carte sur le téléphone, et, d'après la géolocalisation, la falaise semble plus basse. Nous pensons nous être trompé au moment où nous avons perdu les points. Nous rebroussons alors chemin jusqu'à l'échancrure. En fouillant, un peu, pas de points rouges. Damien propose de descendre un peu plus pour trouver un passage. Le sentier est dorénavant inexistant, et la pente très abrupte, rendant l'équilibre assez difficile. Nous butons très rapidement au sommet d'une falaise. Il ne vaut mieux pas trop s'approcher, la pente étant telle qu'il serait difficile de se rattraper sans tomber de plusieurs dizaines de mètres dans le vide.

Nous remontons donc à l'échancrure, et décidons de poursuivre plus loin le long de la falaise du dessus. Nous rattrapons rapidement le point où nous nous étions arrêtés, et essayons de se frayer un chemin dans cette broussaille de plus en plus touffue. Le passage est difficile, mais encore plus avec sac et corde sur le dos. Au bout de quelques minutes de bataille, nous butons à nouveau sur une falaise en dessous de nous impossible à franchir. Le rappel pourrait être l'unique alternative, mais comment savoir la hauteur et si la corde sera suffisamment longue ? Nous préférons jouer la prudence et rebrousser chemin. Nous tentons de remonter par le vallon où nous nous trouvons. Tels des sangliers, nous essayons de forcer le passage dans cette jungle. Nous devons même ramper par moment pour parvenir à nos fins. La végétation change soudainement, et nous voici dans ce vallon coiffé de chênes. Le cheminement y est alors beaucoup plus facile. Ce vallon devait certainement être exploité jadis puisque nous constatons des traces de ce qui devait être des charbonnières.

Nous tentons d'obliquer à droite, en direction d'un chemin censé être juste au dessus. Nous arrivons à une limite bornée de traits rouges. Nous la remontons pour arriver rapidement sur le chemin escompté. Nous partons en direction du sentier balisé évoqué plus tôt alors que nous étions en voiture. De là, deux possibilités. Soit regagner la voiture pour tenter de trouver un autre site d'escalade plus hospitalier, soit faire la boucle de randonnée qui va flirter avec la rivière. Nous prenons cette deuxième option, quitte à être là.

Nous prenons alors le sentier balisé en jaune et blanc qui descend plein Nord vers la rivière. Une descente assez raide et caillouteuse par endroit nous fait plonger de quelques centaines de mètres en direction de l'Ardèche. Nous atteindrons un carrefour de sentiers au niveau de la Flassade. De là, nous partons en direction du cours de la rivière. Nous passons au pied d'une falaise éventrée d'un semblant de cavité. Nous tenterons une petite exploration, mais cela sera vite en vain. Nous pourrons cependant y admirer quelques concrétions. Un petit canon, faut dire que nous n'avons pas bu depuis le départ, et nous poursuivons la balade. Nous atteignons rapidement la rive de la rivière, et une superbe carte postale s'offre à nous. Les hordes de canoë ne sont pas encore arrivées, nous permettant de profiter pleinement du site. Au loin, le cirque de la Madeleine se profile, dressant fièrement ces falaises majestueuses. Le sentier est tantôt sableux, tantôt rocheux. Nous pourrions l'imaginer plat le long de la rivière, mais que nenni, ce dernier joue les montagnes russes et nous tire bien dans les pattes. Au bout de quelques kilomètres, nous tombons sur une petite plage sympathique où nous décidons de casser la croûte.

Au fil des bouchées, les canoës commencent à pointer le bout de leur proue. Mais rien à voir avec l'autoroute à pagaies de juillet/août. La rivière est bien gonflée à cette saison de la fonte des neiges et des forts cumuls pluviométriques de l'hiver. Une fois repus, nous reprenons le chemin, il faut remonter maintenant. Nous attaquons la montée avant de tomber rapidement sur la maladrerie des Templiers, vestige dont l'histoire a du mal à être percée. Elle offre cependant un beau panorama sur le cirque de la Madeleine face à nous. Quelques vrombrissements de temps à autre rappellent que la route touristique des gorges passe au dessus, paradis des motards. Après quelques photos souvenirs, nous repartons pour l'ascension. Nous grimpons au train dans cette pente soutenue. Fort heureusement, la température est clémente, et nous sommes relativement ombragés par les arbres. Un passage dans une faille rocheuse équipée d'une main courante nous offre à son sommet une vue plongeante et saisissante sur la maladrerie et les gorges en contrebas.

Nous atteignons assez rapidement les premiers contreforts du plateau. Nous déambulons dans des sentiers dans la garrigue, qui se transformeront en chemins puis pistes DFCI. Heureusement, les carrefours amènent un peu de diversité dans ce tronçon assez monotone. Au carrefour des Ingranatières, nous reconnaissons la piste d'où nous sommes arrivés en voiture le matin. Il nous reste quelques centaines de mètres pour la retrouver, sur cette piste maintenant large comme une voie rapide. A la voiture, nous nous délestons de notre paquetage bien trop conséquent pour une simple randonnée. Les godillots ôtés, nous reprenons la route.

Damien a l'humeur vagabonde. Il décide donc de partir en exploration dans cet entrelacs de pistes. Nous poursuivons donc là où nous nous étions arrêtés. Il ne nous faudra pas longtemps pour arriver à un carrefour de pistes, les K3 et K17. Nom d'une pipe en bois, c'est le fameux carrefour où nous devions nous garer pour atteindre la falaise. Non seulement, le descriptif d'accès sur le topo était amputé d'un morceau, mais, en +, le site de grimpe n'est pas du tout bien indiqué sur les cartes IGN. Bref, la totale, nous avons cherché comme des sangliers dans une broussaille touffue et piquante pour rien, n'étant tout simplement pas au bon endroit. Trop tard pour aller vérifier le site, nous poursuivons notre route pour retrouver la départementale au niveau du Col de la Forestière. Nous tentons d'aller se faire payer un coup chez le collègue Bruno à la base départementale ; nous aurons du mal à la trouver, mais en vain en plus, Bruno étant sur Privas. Nous nous casserons le nez par la suite sur les parkings payants de Vallon pour terminer notre chemin sur une terrasse de Ruoms, avec un bière locale, la Troll. Elle aura été bien méritée celle là après toutes ces mésaventures.

Point de regret cependant. Nous avons passé toutefois une très belle journée dans cet environnement de rêve. Le sentier suivant le cours de l'Ardèche invite à y revenir et effectuer l'intégralité de la traversée des Gorges, dans le sens de la montée pour mieux redescendre en canoë. Il faudra prévoir entre 2 et 3 jours par contre pour ce projet. De nombreux passages ludiques jonchent la rivière, et elle est toujours à proximité pour un bain rafraichissant en cas de coup de chaud. En bref, 2 jours, 2 sites d'exception pour notre virée entre Provence, Occitanie et Ardèche. De belles images plein la tête, et de beaux nouveaux objectifs en perspective.

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