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Mais où sont passés les vélos ?

29 janvier 2018 - 18:53

Si vous avez bien suivi l'actualité de votre site Internet préféré, vous aurez sûrement remarqué que dimanche dernier était programmé une sortie VTT. Vous vous attendez certainement à en avoir le compte rendu de la sortie. Mais si vous avez suivi l'actualité météorologique derrière votre fenêtre, les importantes chutes de neige de ces derniers jours nous ont fait changé le programme initial. En effet, 50 bon cm de poudreuse sont bien tombés sur Lalouvesc, rendant la pratique du vélo quelque peu compliquée. Et de telles hauteurs de neige sont tellement rares, qu'il aurait été dommage de ne pas en profiter.

Nous changeons donc le programme avec Christiane et Jean Paul, qui réussissent à recruter  2 personnes supplémentaires lors du concert à Saint Félicien samedi soir. C'est donc Sylvie et Jean Luc qui ont renforcé les rangs. Petit problème et non des moindres, ils n'ont pas de paire de raquettes. Chaque problème ayant sa solution, nous avons pu trouver notre bonheur au foyer de ski de fond de Lalouvesc qui a ouvert ses portes pour l'évènement. Rendez-vous donc à 14h pour une petite balade dominicale dans la neige.

Une fois le matériel récupéré, nous traversons le village à pied pour prendre le départ. Il est alors temps de chausser les raquettes. Accessoire inconnu pour certains, nous en faisons une petite présentation au préalable. Chausson, pied droit et gauche, crampons, cale de montée... bref un petit briefing histoire de se familiariser avec la bête. Nous chaussons donc les raquettes et attaquons tout de suite dans la poudreuse.

Lors de certaines balades raquettes en groupe, lorsque la neige est encore vierge de toutes traces, il y a un puni, celui qui doit faire le cheminement. Inutile de  vous dire que c'est bibi qui s'y colle. Nous n'aurons pas le temps de faire 100 mètres que le premier pépin se profile. Jean Paul a déchaussé sa raquette droite. Nous analysons la situation et cogitons le meilleur compromis pour ne pas que cela se reproduise. Nous voici donc à nouveau repartis.

Très vite, les novices en la matière s'aperçoivent que la raquette est physique, et que l'évolution se fait beaucoup plus lentement qu'en randonnée classique. 1 km à devoir faire la trace peut s'avérer un calvaire suivant les conditions. Nous arrivons à une petite route à traverser. Cela n'a rien d'anodin quand elle est bordée de tas de neige amassés par le chasse-neige. Cela se transforme en petit talus à descendre pour atteindre le goudron. Nous y arrivons PRESQUE tous sans encombre. C'est sans compter Christiane, en queue de peloton, qui s'emmêle les pinceaux dans ses raquettes et qui se retrouve la tête en bas. Jean Paul, juste devant, ne se rend même pas compte que sa belle est au sol pour la secourir, et continue sa marche. Pour ma part, je ne sais encore si c'est rigolo, de peur qu'elle se soit fait mal sur le goudron. Je n'immortaliserais donc pas le moment. Mais plus de peur que de mal, nous repartons.

Nous croisons un autre raquettiste en fin de balade qui nous tape un brin de causette. J'en profite pour emboîter le pas dans ses traces histoire d'économiser quelques forces. Nous traversons le champ avec une belle hauteur de poudreuse. Au bout, nous nous retournons pour admirer la belle trace que nous venons de faire, avec, en toile de fond, les pistes de ski qui semblent bien empruntées par les skieurs, randonneurs ou encore lugeurs.

Nous quittons les traces du monsieur pour suivre notre cap. Un nouveau champ est à traverser. Étonnamment, personne ne se met à mes côtés pour taper la discute. Bien disciplinés, les  camarades restent bien dans mes traces. Je tente une petite chicane pour vérifier leur fidélité à la trace, et tous n'osent en sortir. Tous sauf Christiane, sur un élan peut être un peu rebelle, qui osera couper la chicane faisant elle même sa propre trace cheveux aux vents, dans un élan de liberté certain.

En haut du champ, nous trouvons des traces d'engin motorisé. Nous les suivons, et il n'est pas évident de garder l'équilibre dans le fond de l'ornière avec des pieds élargis par les raquettes. Nous ne les suivrons pas longtemps, préférant prendre la poudre d'escampette dans un nouveau champ. Au bout, une petite surprise les attend. Un beau talus bien raide pour les familiariser avec le caractère glissant de la pratique. Pas franchement aventuriers, les pratiquants pas très chevronnés hésitent, et cela  se termine sur les fesses pour la plupart. Il y a encore du boulot.

Nous entrons maintenant dans les bois. La neige est moins profonde, mais comme nous l'avait signalé le raquettiste croisé au début, la neige fond des arbres telle une averse d'automne. Nous évoluons sur un chemin plus fréquenté, et nous avons plus l'impression de faire de l'aqua-rando que de la raquette tellement cela fait splash sous les souliers. Heureusement, cela ne sera pas très long, puisque je prévois un peu de hors piste un peu plus loin.

A une fourche, nous prenons une sente qui monte et qui ne semble pas  très trafiquée. Montée + poudreuse = jambes qui forcent un peu plus. Rapidement, la forêt se fait de plus en plus dense, et il faut faire son passage entre les branches qui squattent sur le chemin. Quelques pentes sont à gravir, mais derrière tout semble aller pour le mieux, et l'ambiance nordique semble convenir au plus grand nombre. Nous finissons par un dernier coup de cul dans une clairière. Mais sous nos pieds, c'est en réalité un pierrier, plus communément appelé chiras dans les parages. Et il y est difficile de se faire un chemin, alors que la neige remonte pratiquement jusqu'aux genoux par endroits. Nous arrivons à un semblant de crête qui laisse la vue se dévoiler plein nord. Nous sommes désormais complètement hors piste. Il faut se frayer un chemin entre la végétation. Un passage étroit s'en suit, avec un ravin main droite de plusieurs dizaines de mètres. J'en avertirais prudemment Jean Luc, lui qui a une attirance passionnée pour les fonds de ravin rocheux, surtout à Lalouvesc. Mais tout va bien, nous sommes de jour cette fois ci. Jean Paul ne sera guerre à son aise sur ce passage, jouant la prudence, mais qui y arrivera à son rythme, moyennant un sourire quelque peu crispé.

Nous arrivons à un replat avec une superbe vue qui se dévoile sur les Alpes en toile de fond, que l'on devine entre les troncs de résineux bien rectilignes. Nous attaquons le passage que je redoute le plus. En effet, la végétation a bien repris ces droits dans le coin, et une épaisse forêt de genêts touffus est à traverser. Mon espoir est que la neige les ai bien recouverts. Et c'est le cas !!! Cela sera moins pénibles, mais il faudra tout de même faire son chemin dans une neige maintenant plus haute que les genoux. Heureusement, nous sommes à la descente, mais nous passerons quelques dizaines de minutes pour faire quelques centaines de mètres. Au milieu, Jean Paul peut être en manque d'attention s'affalera au sol. Un long combat avec ses raquettes, la poudreuse et un bâton qui se cache sous la neige déchaînera les passions avant d'en arriver à bout. Christiane, apparemment pas rancunière d'avoir été laissée livrée à elle même viendra à son secours, une fois le souffle perdu dans son fou rire récupéré. Si vous vous souvenez, c'est dans ce même endroit où Barbara et Antoine avait bien rigolé il y a quelques semaines, mais avec nettement moins de neige.

En bas, nous retrouvons un chemin avec une trace. Nous allons pouvoir reprendre un peu de rythme. Il est déjà 16h et la luminosité commence à décliner. Un autre petit coup de cul nous amène à une clairière avec une ambiance fantasmagorique. Le soleil qui approche l'horizon offre une luminosité irréelle derrière l'orée du bois, nous interrogeant quand à savoir si nous sortons du bois ou si nous entrons au paradis. Jean Luc nous fera sa petite chute à son tour à l'arrêt. Seule Sylvie ne nous a pas encore gratifiée de sa gamelle. Privilège du rédacteur, je vous ai épargné les détails de la mienne hihihi.

Nous restons encore un peu dans les bois pour profiter de cette ambiance. Nous rattaquons un tronçon hors piste avec à nouveau une belle épaisseur de neige. Jean Luc se sent rassuré et au bout de l'effort en voyant le village à l'horizon. Christiane et Jean Paul le calme dans ses ardeurs, lui indiquant que ce n'est pas forcément la fin du calvaire avec le guide du jour. Nous ressortons sur le dernier champ traversé à l'aller. L'ambiance orangée de fin de journée offre une superbe lumière sur la neige encore vierge à cet endroit. Je met le cap vers le château d'eau de Lalouvesc. Une dernière petite butte à monter, et c'est la récompense. Un superbe panorama permettant de bien distinguer les Alpes enneigées en toile de  fond. La prise de hauteur nous permet également d'admirer les traces que nous avons faites dans la neige depuis le début de la balade. De l'autre côté du château d'eau, un beau talus bien  raide s'offre à nous pour peaufiner la  technique de la descente en raquettes. Jean Luc commence à prendre le pli avec une jolie glissade maitrisée. Sylvie bottera en touche en faisant le tour moins raide. Christiane et Jean Paul suivront le guide, mais non sans peine, avec une aisance bien dissimulée derrière l'hésitation entre l'option sur les jambes et celle sur les fesses. Le résultat final se terminera de toute façon à peu près pareil.

Nous finissons la balade en direction du village. J'essaie de rechercher l'option qui nous permettra de garder les raquettes le plus longtemps. Nous descendons un nouveau talus pour atteindre la route chère à Christiane. L'option sur les fesses sera à nouveau privilégiée. Je tente une traversée dans un champ de ronce recouvert par la neige. Il faut faire encore la trace, mais ça passe sans trop de soucis. Je ne connaissais pas l'issue, qui se termine à nouveau sur un talus bien raide. Sylvie finira la tête dans la neige. Christiane et Jean Paul feront guère mieux, et Jean Paul entamera un nouveau combat pour se redresser sur ces raquettes. Je crois que cette fois ci, s'en est trop, les raquettes sont définitivement fâchées avec lui. Qu'il se rassure, d'autres membres de la famille ne sont pas forcément plus à l'aise. Christiane semble accrocher avec cette nouvelle activité, et est en demande de poursuivre l'apprentissage. D'autant plus que cela permet d'explorer des univers que nous ne découvririons pas autrement.

Nous rejoignons le village par un dernier champ. En bas, tous semblent avoir la satisfaction d'avoir découvert en profondeur cette activité, et le tout dans des paysages enchanteurs. Pour ma part, je pense tenir le prochain numéro des Bronzés font des raquettes, et le casting semble au complet. Quoi qu'il en soit, il aurait été dommage de ne pas profiter de ces conditions de neige exceptionnelles pour Lalouvesc. J'espère avoir donner envie à Sylvie et Jean Luc de franchir le pas et de nous accompagner dans nos escapades alpines à venir. Quand à mon nouveau vélo, il était bien au chaud dans mon garage, et il faudra encore patienter un peu pour pouvoir enfin le baptiser.

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